Discours devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des Pays-Bas, 6 juillet 2026
Je remercie le président et les membres de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des Pays-Bas de m'avoir donné aujourd'hui l'occasion d'être présent et de m'exprimer lors de cette séance.
Pour nous, Iraniens qui luttons pour la démocratie, prendre la parole dans les parlements des grandes démocraties du monde est toujours significatif et précieux.
Ce n'est pas seulement un moment important pour le peuple iranien. C'est un moment décisif pour la sécurité de l'Europe, et des Pays-Bas en particulier. Ce qui se passe aujourd'hui en Iran façonnera la sécurité de ce continent pour les années à venir. La République islamique n'est plus simplement un défi au Moyen-Orient ; elle est devenue une menace pour l'Europe et le monde.
Permettez-moi d'énoncer clairement mes principes. Je crois en un Iran laïque, démocratique, attaché aux droits humains et inclusif pour tous ses citoyens, quelles que soient leur religion et leurs convictions.
Un Iran qui redevienne une force de paix et de stabilité dans le monde.
À la demande de dizaines de millions de mes compatriotes, j'ai assumé la responsabilité de conduire la transition de l'Iran vers la démocratie. C'est précisément ce que le peuple iranien, dans tout le pays, a proclamé haut et fort en répondant à mon appel en janvier dernier.
Ils ont payé un lourd tribut pour la liberté.
Plus de 40 000 d'entre eux ont été tués par la République islamique.
Ils ont payé le prix de la liberté de leur sang et méritent le soutien des nations libres.
C'est pourquoi je suis ici aujourd'hui. Non pour moi-même, mais pour la nation iranienne. Non pour que vous me reconnaissiez, mais pour que vous reconnaissiez le peuple iranien et son droit fondamental à choisir librement son gouvernement.
Ils luttent, comme le dit votre hymne national, contre « la tyrannie qui blesse le cœur ».
J'ai pu unir un large éventail de forces politiques — de la gauche à la droite, républicains et constitutionnalistes, ethnies diverses, générations différentes, courants de pensée variés, fidèles de différentes religions, et même d'anciens rivaux politiques — autour d'un objectif commun :
Mettre fin à la République islamique et la remplacer par un système laïque et démocratique.
Ces forces m'ont fait confiance pour conduire la transition du pays sur la base de quatre principes fondamentaux :
La préservation de l'intégrité territoriale de l'Iran,
La garantie de l'égalité de tous les citoyens et des libertés individuelles,
La séparation de la religion et de l'État,
Et le droit du peuple iranien à déterminer la forme de son futur système politique.
Cette lutte ne porte pas sur le choix entre république et monarchie constitutionnelle.
Elle porte sur un processus permettant au peuple iranien de décider lui-même de l'avenir de son pays lors d'élections libres et équitables.
Pourquoi cela importe-t-il aux Pays-Bas ?
Parce qu'un Iran libre, laïque et démocratique transformera l'un des plus grands défis sécuritaires à long terme de l'Europe en l'un de ses partenaires stratégiques les plus importants.
Un Iran libre mettra fin au soutien au terrorisme, cessera d'envoyer des équipements à la machine de guerre de Poutine, contribuera à la stabilité de l'une des régions les plus sensibles du monde et deviendra un pays de 90 millions d'habitants désireux de commercer, d'investir et de coopérer avec l'Europe.
Pour les Pays-Bas, avec leur position mondiale dans le commerce, la logistique, la gestion de l'eau, l'innovation et les échanges internationaux, ce n'est pas un acte de bienveillance : c'est une opportunité stratégique.
À l'inverse, la survie de la République islamique signifie une menace nucléaire et balistique permanente contre l'Europe, l'expansion du terrorisme sur le sol de ce continent, la poursuite des perturbations du commerce mondial et la continuation de la coopération militaire avec la Russie.
Soutenir aujourd'hui la cause démocratique du peuple iranien coûte bien moins cher qu'affronter demain un régime plus dangereux et plus puissant.
Mais il existe une autre raison pour laquelle les Pays-Bas doivent revoir leur regard sur l'Iran.
Les réalités à l'intérieur de l'Iran ont changé.
Depuis des années, le principal conflit n'oppose plus réformateurs et radicaux, mais une nation qui veut prendre son avenir en main et un régime qui la tient en otage depuis près d'un demi-siècle.
Cette bataille est une bataille pour l'âme de l'Iran.
Vous, aux Pays-Bas, savez bien ce que signifie l'occupation. De même que la reine Wilhelmine et la courageuse résistance du peuple néerlandais ont bénéficié de l'aide de leurs amis pour libérer leur pays de l'occupation nazie — non par dépendance, mais par amour de la patrie et de son indépendance — le peuple iranien se trouve aujourd'hui au même point de l'histoire.
Il existe une voie crédible et réaliste pour l'avenir. Ce n'est pas une chimère. Nous avons un plan clair pour la transition — un plan que mes collègues et moi avons élaboré pour mettre fin à la République islamique et construire un avenir nouveau.
Premièrement, renforcer le mouvement pro-démocratie à l'intérieur de l'Iran et préparer le peuple au moment décisif.
Deuxièmement, encourager les forces armées à rejoindre la nation afin de garantir une transition stable.
Troisièmement, obtenir le soutien maximal de la communauté internationale pour le peuple iranien, notamment dans des domaines comme l'accès à Internet, où la technologie et l'expérience des Pays-Bas peuvent jouer un rôle décisif.
Quatrièmement, exercer une pression maximale sur le régime par des sanctions, la mise en œuvre complète de la désignation terroriste du Corps des Gardiens de la révolution, l'isolement diplomatique et des mesures ciblées.
Et cinquièmement, préparer dès aujourd'hui la période de transition, avec un programme politique, juridique et économique pour la reconstruction de l'Iran.
Permettez-moi d'évoquer trois réalités importantes qui devraient guider la politique néerlandaise à l'égard de l'Iran.
Premièrement, la souffrance et la volonté du peuple iranien doivent devenir le cœur de la politique de la communauté internationale.
Un sujet aujourd'hui presque totalement ignoré.
Deuxièmement, la politique d'apaisement a échoué. Les menaces que la République islamique fait peser sur l'Europe sont sans fin. Il y a deux mois à peine, ce régime, par l'intermédiaire de ses agents, a tenté d'assassiner un opposant iranien sur le sol néerlandais.
Tant que ce régime sera au pouvoir, ces menaces continueront et deviendront chaque jour plus dangereuses.
Aucun accord ne résoudra ce problème. Ce comportement est dans la nature de ce régime. Pendant 47 ans, vous avez essayé de changer le comportement de la République islamique ; il faut désormais admettre que cette politique a échoué.
Les Pays-Bas ont déjà montré leur leadership. Vous avez joué un rôle important dans l'avancée de la désignation terroriste des Gardiens de la révolution en Europe. Vous devez à présent ouvrir la voie une nouvelle fois. L'Europe n'a toujours pas de véritable stratégie face à la République islamique.
De même que vous avez soutenu autrefois la lutte contre l'apartheid et le mouvement Solidarité en Pologne, tenez-vous aujourd'hui aux côtés du peuple iranien.
Le peuple iranien ne vous demande pas de faire sa révolution à sa place. Il risque chaque jour sa vie pour la liberté. Sa seule demande est que vous ne légitimiez pas ses oppresseurs, que vous ne renforciez pas les terroristes, et que vous vous prépariez au jour où l'Iran retrouvera la place qui lui revient parmi les nations libres du monde.
Soutenir le peuple iranien n'est pas seulement un geste humanitaire envers un pays lointain ; c'est un investissement dans la sécurité des Pays-Bas, la stabilité de l'Europe et un Moyen-Orient qui exporte le commerce, la coopération et la prospérité au lieu du terrorisme, de l'instabilité et des vagues de réfugiés.
Peu de décisions de politique étrangère peuvent atteindre ces trois objectifs à la fois.
L'histoire jugera si l'Europe a su reconnaître ce moment.
Un moment qui offrait non seulement l'occasion d'aider une grande nation à reprendre sa souveraineté, mais aussi celle de rendre les Pays-Bas, l'Europe et le monde plus sûrs.
Et pour conclure, j'espère que le jour où le peuple iranien criera, comme vous dans votre hymne national, « je suis libre et sans peur », je pourrai lui dire que le peuple des Pays-Bas s'est tenu à ses côtés.
Merci.

